Une route dans le désert (Photo Triceratops56, licence creative Commons).

 

L’officialisation de la semaine, c’est la nouvelle, confirmée par TLF aux partenaires sociaux cette semaine, du départ pour le groupe D&O de Philippe Choutet et de Laure Dubois, deux permanents historiques de la fédération sur lesquels cette dernière ne pourra plus s’appuyer en matière sociale.

Le secret avait été éventé il y a deux mois, suivi de l’information selon laquelle les deux démissionnaires auraient du mal à quitter un employeur qui s’acharnait à les retenir sous le prétexte de trouver des successeurs alors que la réalité était tout autre.

Le fait est qu’en démissionnant, pour l’une après 27 ans de bons et loyaux services, pour l’autre à 2 ans de la retraite, Philippe Choutet et Laure Dubois obligent une fédération en mal de repositionnement structurel à affronter une nouvelle qui fait désordre. C’est que Laure Dubois, "petite" main des affaires sociales et fin connaisseur de la messagerie française, comme Philippe Choutet, ex patron de l’UFT et super  négociateur de la convention collective, sont en quelque sorte des cadors dans leur catégorie. Ils sont pro, connus pour cela, appréciés des adhérents et respectés par les partenaires sociaux. Perdre de tels atouts alors que quelques mois auparavant on cherchait des noises à Stéphane Levesque, un collaborateur lui aussi reconnu pour ses compétences en matière de transport routier, parti pour le coup donner "une nouvelle dimension à sa carrière" à l’Union routière de France, voilà qui est un sale message envoyé à l’extérieur comme en interne.

En quelques mois de changement de présidence, ce sont trois piliers qui quittent le terrain de TLF plus ou moins volontairement, alors que tout le monde les savait loyaux, attachés à leur fédération et aux entreprises qui les mandataient. Il fallait les voir se démener comme des fous pour porter à bouts de bras des Etats généraux du transport routier auxquels plus personne ne croyait ! De l’énergie bien mal récompensée, qui devrait faire réfléchir pas mal de monde sur ce que doit être l’implication dans la vie professionnelle.

Il semble que la stratégie adoptée par la fédération quittée est de s’approprier la nouvelle orientation professionnelle des deux démissionnaires sous prétexte qu’une fin de carrière chez D&O, ils la méritaient bien. La vérité, personne n’est dupe, est ailleurs. Comme elle était dans le fait d’annoncer il y a quelques mois le changement d’orientation politique de TLF obligée, par les récents succès de la FNTR et son retrait des dossiers routiers, à se réinventer un avenir. Ou à vivre un retour à l’ex FFOCT, avec ce que cela implique d’humilité.




Ecrire un commentaire - déjà 7 commentaires

 

 

Alors que les fédérations de transporteurs routiers français se félicitent toutes (même celles qui n’ont rien fait) d’avoir obtenu le vote d’un amendement supprimant l’obligation de munir les véhicules d’un sixième essieu pour rouler à 44T dans quelques années, les questions de fond demeurent. La profession bénéficie-t-elle réellement de sa capacité actuelle à charger à 44T ? Les vrais gagnants n’ont-ils pas été désignés dès le départ par le chef de l’Etat ?




Ecrire un commentaire - déjà 6 commentaires

 

A l’enterrement de ce qui fut le premier messager indépendant de l’Hexagone, il n’y avait vendredi 30 septembre ni fleurs, ni couronnes, ni membres du CCE ou du comité de direction. En quelques secondes, les liasses d’extraits de décision étaient remises contre un chèque à ceux qui les demandaient, les rares personnes présentes au tribunal de commerce de Bobigny se dispersant ensuite sans mot dire.

Les rêves seraient-ils voués à finir en queue de poisson? On se frotte les yeux devant tant d’indifférence médiatique. Le 20 heures n’a que faire de la fin du messager français, comme s’il n’y avait que le bleu de chauffe pour payer de son poste la fin d’une aventure économique. Face à la faillite de Mory en tant qu’entité économique, le silence (hormis du côté de Libération) a régné en maître.

Il faut penser à ces huit cents personnes qui, depuis lundi, rendent les clés et préparent leurs dossiers pour Pôle Emploi. Il faut penser à ces tractionnaires fragilisés par la faillite de leur donneur d’ordres. Quelquefois, ce sont eux qui se sont battus jusqu’à la dernière minute pour payer ce client, assurer cette livraison, respecter cet engagement. Ils ne sont pas les premiers ni les derniers dans le TRM français à vivre une restructuration mais ceux-là sont le symbole de la fin d’une époque. Celle où les patrons routiers français pouvaient se permettre d’être flamboyants, flambeurs, ambitieux, même s’ils n’étaient pas nés un volant à la main. Celle où ils pouvaient aussi prendre de mauvaises décisions sans que forcément ça se termine mal pour ceux qu’ils entraînaient dans la course à la croissance.

Du côté des journalistes du secteur -ces plumitifs observateurs parfois oiseaux de mauvais augure contre leur gré-, c’en est fini des conférences de presse événement à Pantin, des déjeuners en tête-à-tête avec Alain Bréau à la Cité de la musique au gré de ses sympathies, des prises de position fortes made in TLF, des coups de colère et de cet  affectif prenant le pas sur tout, avec l’injustice qui va avec. C’en est fini, aussi, d’une radicalité de liberté dans le discours, de ce sens aiguisé du raccourci qui qualifie les bons clients de l’interview, si rares dans ce secteur d’activité.

Restent un porte-clés collector et l’envie de dire à ceux qui y ont cru qu’ils ne sont pas seuls. Oui, l’aventure méritait d’être vécue.   




Ecrire un commentaire - déjà 10 commentaires

Picsou, photo Groume, Creative Commons

 

La CGMTR, ça dit quelque chose à quelqu’un? A Aline Mesplès certainement, qui le 30 juin en est devenue PDG "à titre gratuit", précise-t-elle, à l’issue d’une AG d’actionnaires où elle n’était pas vraiment attendue.

Aline Mesplès, "grognard" de l’OTRE, a l’habitude de ne pas avoir que des amis et sur ce plan-là, sa carrière dans le monde impitoyable de la représentation professionnelle n’est pas prêt de changer.

On la retrouve aujourd’hui présidente d’un "Machin" oublié depuis des lustres, dont les initiales signifient "Caisse de garanties mutuelles du transport routier".  La vice-présidente OTRE succède ainsi à René Petit, ex-président FNTR licencié en 2006 de son poste de directeur de la CGMTR, moyennant une transaction pas piquée des vers.

Cela ne dit toujours pas ce qu’est aujourd’hui la CGMTR. A vrai dire, Aline Mesplès elle-même n’en sait concrètement rien. L’auditeur des comptes et l’avocat dont elle s’est entourée dès l’élection n’ont pas l’air plus au courant de l’activité de cette entreprise qui pratiquait jusqu’alors parfaitement le slogan "Pour vivre heureux, vivons cachés". La seule composante de l’encombrant cadeau que l’ex élue Modem à Orthez s’est fait à elle-même, c’est qu’il est constitué d’un compte en banque bien garni (2 millions € en titres de placement ou de participation), et d’un immeuble situé dans le VIIIème arrondissement parisien. On a connu plus pauvre.

Rien ne prédisposait la CGMTR à devenir cette sorte de paradis fiscal du transport routier, oubliée de tous sauf de certains chercheurs d’or. Créée en 1957, cette coopérative était censée servir de caisse de garantie mutuelle pour le transport routier. Ce qu’elle a fait en permettant à certaines PME d’être leur garante quand il s’agissait d’acheter des licences, des véhicules ou des bâtiments. En 2004, l’activité "évolue" pour se tourner vers le conseil en gestion et management. Rien de répréhensible, a priori, sauf que les milliers d’actionnaires sont convoqués pendant toutes ces années en assemblées générales par une publication d’annonces légales d’Ile-de-France, et pas par courrier. Autant dire qu’ils n’y ont pas assisté fréquemment et qu’ils n’ont donc pas participé à sa gestion.

Aux termes d’une conférence de presse inédite hier soir, à laquelle, en plus de trois journalistes participait un huissier de justice mandaté pour noter les dires des uns et des autres, la nouvelle présidente s’est bien gardé de vouloir faire le procès à charge de l’ancienne équipe dirigeante. Ce qu’elle souhaite, c’est "alerter les actionnaires de la situation de la société pour qu’ils se manifestent auprès de la direction de la CGMTR pour envisager ensemble les suites à donner à cette société". Transporteurs, fouillez vos tiroirs, en plus des emprunts russes, vous avez peut être des traces d’actions CGMTR…

Cette société, qu’elle soit fantôme ou pas, a en tous les cas un patrimoine doré sur tranche ; en son nom Aline Mesplès vient de déposer quatre plaintes auprès du parquet de Nanterre : pour exercice illégal de la profession d’expert comptable, pour abus de biens sociaux, pour abus de pouvoirs et de voix, et pour abus de confiance.

En attendant de voir dans quelles dispositions le procureur considèrera les faits, Aline Mesplès tente de reconstituer le passé de ce vieux bébé devenu millionnaire sans que la famille soit au courant. Et assure qu’elle ne veut pas en faire une affaire de "fédés". Pas sûre qu’elle soit comprise.

 




Ecrire un commentaire - déjà 15 commentaires

Musée Powstania Warszawskiego, Varsovie, photo benymarc.com (Creative Comons)

 

Ce qu’il ne faut pas faire pour continuer à exister sur la scène politique… On en avait vu, des vestes retournées, et des plus lustrées. L’heure a maintenant sonné de l’ex-communiste, potentiel candidat à la présidentielle de 2012, vantant les mérites d’un actuel prétendant au titre suprême, à savoir François Hollande, un homme qui a "la stature" présidentielle.

Cet ancien pilier du PC tressant des lauriers à l’ex premier secrétaire du PS, c’est Jean-Claude Gayssot dans les colonnes du Monde du 15 septembre. Notre Jean-Claude à nous, qui s’extasiait en son temps devant l’or de l’hôtel de Roquelaure dont il devenait le locataire en tant que ministre des Transports ("Trasports", dans la bouche de l’intéressé), reste aujourd’hui bouche bée devant l’un des leaders des primaires du PS. C’est la volonté de lutter contre les inégalités et la pauvreté affichée, selon lui, par le candidat à la candidature qui motive l’ancien membre du PC. Tout autant que le fait que François Hollande soit, selon lui, un candidat qui a l’étoffe qui va bien, qu’il est "de gauche" et qu’il peut ,"lui, l’emporter sur Nicolas Sarkozy au deuxième tour". Et qu’en remerciements, il saura se souvenir de son soutien en le renommant au gouvernement? Comme vous y allez…

Après Georges Frêche en son temps, c’est donc maintenant François Hollande qui est adoubé par celui qui a lâché le marteau et la faucille pour la rose rouge. Tout ça juste avant la fête de l’Huma. Tss, c’est pas joli, tout ça.




Ecrire un commentaire - déjà 1 commentaire

Posté par NatalieEcrire un commentaire

 

Coucher de soleil sur Linyi, Photo David Brown, Creative Commons

 

Linyi, ça ne vous dit rien? C’est une ville chinoise située entre Pékin et Shanghai, au sud-est de la province de Shandong, près de l’embouchure du fleuve Yihe. Comme beaucoup de cités de par là-bas, tout y explose à qui mieux mieux : l’industrie, l’agriculture, l’extraction des ressources naturelles, les exportations. Sans oublier la population, qui se chiffre aujourd’hui à 10 millions d’habitants pour l’entièreté de la région administrative. C’est d’un commun… Ce qui l’est moins, c’est que Linyi vient de se voir attribuer le titre de "capitale du transport de marchandises" par l’Association du transport de Chine, sorte de FNTR locale.

 

Linyi sur une carte

 

La ville accueille plus de 3 000 entreprises spécialisées dans le transport de marchandises qui utilisent l’aéroport, l’autoroute Pékin-Shanghai qui passe non loin de là, le train express qui va dans les terres et le chemin de fer côtier. Et le port? Ben y’en a pas. Tout du moins pas de ces géants que sont ceux de Qingdao -l’un des 10 premiers du monde-, Rizhao, Lanshan ou Lianyugang. Dans le meilleur des cas, ils sont à 100 km. 

Comme quoi on peut être une capitale du transport sans être directement sur la mer et sans utiliser le transport fluvial. Ne dites pas à NKM que du coup, c’est surtout le transport routier qui va fonctionner à fond, la réalité du marché est définitivement peu développement durable.

 




Ecrire un commentaire

Posté par NatalieEcrire un commentaire

 

Photo rencontres-ovales.fr/concours/

 

L’effondrement ressenti à la vision d’un XV de France patinant, pour son premier match de la Coupe du Monde 2011, devant une équipe japonaise remontée comme un coucou suisse, est pour moi l’occasion de signaler une initiative des Rencontres ovales.

Cette association propose "un rendez-vous des arts et du rugby pour les gourmands et les gourmets, les esthètes et les généreux". Tout un programme, auquel on ne peut qu’adhérer quand on aime l’Ovalie, le canard… et l’image.

Le site organise donc un concours pour départager des propositions de graffs. Le résultat sera peint sur une remorque de l’entreprise Dématrans. Quant à l’avenir de l’équipe tricolore en Nouvelle-Zélande, on va essayer dans l’immédiat de penser à autre chose.

 




Ecrire un commentaire

 

Il y a rentrée et rentrée. Dans le cartable de l’auteure de ce blog, déplacement hier dans la Loire avec quelques confrères sur le thème : "Le président de la République chez les routiers".

Routiers, comme d’habitude, c’est tout à la fois le patronat et les salariés, ce qui donne un mélange des genres pas forcément génial. Le matin, visite au pas de course de l’entreprise du président de la FNTR 42, les transports Vialon. Les mythes ont la vie dure, qui ont vu Nicolas Sarkozy s’attarder au cul de remorques chargées de bouteilles  palettisées quand son prédécesseur tâtait celui des vaches au salon de l’Agriculture. Et le président d’interroger les conducteurs de l’entreprise sur leurs conditions de vie: Pas trop dur de dormir dans le camion? D’être loin toute la semaine? De se laver dans un bout de bassine? Pas trop difficile de devoir travailler deux ans de plus avant de bénéficier du Congé de fin d’activité? Le chauffeur à qui s’adresse la question se fiche du CFA comme d’une guigne, il préfère travailler plus longtemps pour gagner sa vie : "Non, moi j’ai 56 ans et de toutes façons j’irai jusqu’au bout". "Hé bien moi aussi", réplique tout de go le chef de l’Etat dans un rire.

Un discours là-dessus, entouré de salariés et de Louis Vialon, fils du fondateur qui est là, aussi : difficile de distinguer Jean Vialon dans la foule et pour cause, il est assis dans un fauteuil roulant que manipule pour l’occasion l’un de ses anciens salariés devenu à son tour patron routier. Cet homme discret doit à cet instant être bien fier de ses enfants. Il n’en dit mot, mais l’éclair qui brille dans ses yeux parle pour lui. La valse présidentielle et ministérielles (NKM et Thierry Mariani sont aussi de la partie) n’a que faire de cette émotion; elle repart illico en voitures blindées direction un restaurant routier situé à Veauche. Au Champvert, le président doit déjeuner avec trois conducteurs et les représentants du patronat routier, dont Jean-Christophe Pic et Jean-Paul Deneuville pour la FNTR, grande organisatrice de l’opération. Une tranche de terrine de poisson et quelques haricots verts plus loin, ce petit monde sort du restau et est accueilli par une foule de riverains brandissant leurs téléphones portables pour immortaliser l’hôte d’un jour.

Dans la foule, il y a un petit garçon, lui aussi en fauteuil roulant. Son papa est derrière lui tout discret, presque effacé. Les photographes et les journalistes se bousculent dans la poussière d’un début d’après-midi très chaud, jouant des coudes pour immortaliser le chef de l’Etat qui vient à leur rencontre. Tout à coup, l’un des gardes du corps approche le petit garçon et son papa, intimidés comme pas possible. Les voici près de Nicolas Sarkozy, qui prend la pause au côté du bambin. Hop, la photo, et hop, dans la voiture. NKM et Thierry Mariani ont à peine le temps d’écraser leurs clopes par terre.

Un quart d’heure plus tard, on verra deux Falcon cocardisés passer au-dessus du parking Poids Lourds, direction Villacoublay ou ailleurs, où d’autres caméras et d’autres journalistes raconteront un nouvel épisode du Sarko-show.

Une journée ordinaire pour un président toujours en mouvement. Un moment exceptionnel pour un ancien chef d’entreprise et un gamin de 9 ans, contraints par la vie à l’immobilité.




Ecrire un commentaire - déjà 4 commentaires
catégorie(s) : Fédés et syndicats, Meeddat

 

Le 29 juin 2011, Thierry Mariani est nommé ministre des Transports, après avoir occupé le poste de secrétaire d’Etat avec les mêmes attributions. Le contentement est unanime chez les organisations professionnelles du transport routier.




Ecrire un commentaire - déjà 10 commentaires

Posté par NatalieEcrire un commentaire

 

Dans un arrêt daté du 24 juin, le juge administratif suprême statuant en référé a rejeté la demande d’annulation de la procédure de passation de contrat de partenariat permettant la mise en oeuvre de l’éco-taxe. Autostrade peut commencer à multiplier les essais. Au final, le dossier n’a pris que quatre mois de retard.

 




Ecrire un commentaire
Next Page »