
Picsou, photo Groume, Creative Commons
La CGMTR, ça dit quelque chose à quelqu’un? A Aline Mesplès certainement, qui le 30 juin en est devenue PDG "à titre gratuit", précise-t-elle, à l’issue d’une AG d’actionnaires où elle n’était pas vraiment attendue.
Aline Mesplès, "grognard" de l’OTRE, a l’habitude de ne pas avoir que des amis et sur ce plan-là, sa carrière dans le monde impitoyable de la représentation professionnelle n’est pas prêt de changer.
On la retrouve aujourd’hui présidente d’un "Machin" oublié depuis des lustres, dont les initiales signifient "Caisse de garanties mutuelles du transport routier". La vice-présidente OTRE succède ainsi à René Petit, ex-président FNTR licencié en 2006 de son poste de directeur de la CGMTR, moyennant une transaction pas piquée des vers.
Cela ne dit toujours pas ce qu’est aujourd’hui la CGMTR. A vrai dire, Aline Mesplès elle-même n’en sait concrètement rien. L’auditeur des comptes et l’avocat dont elle s’est entourée dès l’élection n’ont pas l’air plus au courant de l’activité de cette entreprise qui pratiquait jusqu’alors parfaitement le slogan "Pour vivre heureux, vivons cachés". La seule composante de l’encombrant cadeau que l’ex élue Modem à Orthez s’est fait à elle-même, c’est qu’il est constitué d’un compte en banque bien garni (2 millions € en titres de placement ou de participation), et d’un immeuble situé dans le VIIIème arrondissement parisien. On a connu plus pauvre.
Rien ne prédisposait la CGMTR à devenir cette sorte de paradis fiscal du transport routier, oubliée de tous sauf de certains chercheurs d’or. Créée en 1957, cette coopérative était censée servir de caisse de garantie mutuelle pour le transport routier. Ce qu’elle a fait en permettant à certaines PME d’être leur garante quand il s’agissait d’acheter des licences, des véhicules ou des bâtiments. En 2004, l’activité "évolue" pour se tourner vers le conseil en gestion et management. Rien de répréhensible, a priori, sauf que les milliers d’actionnaires sont convoqués pendant toutes ces années en assemblées générales par une publication d’annonces légales d’Ile-de-France, et pas par courrier. Autant dire qu’ils n’y ont pas assisté fréquemment et qu’ils n’ont donc pas participé à sa gestion.
Aux termes d’une conférence de presse inédite hier soir, à laquelle, en plus de trois journalistes participait un huissier de justice mandaté pour noter les dires des uns et des autres, la nouvelle présidente s’est bien gardé de vouloir faire le procès à charge de l’ancienne équipe dirigeante. Ce qu’elle souhaite, c’est "alerter les actionnaires de la situation de la société pour qu’ils se manifestent auprès de la direction de la CGMTR pour envisager ensemble les suites à donner à cette société". Transporteurs, fouillez vos tiroirs, en plus des emprunts russes, vous avez peut être des traces d’actions CGMTR…
Cette société, qu’elle soit fantôme ou pas, a en tous les cas un patrimoine doré sur tranche ; en son nom Aline Mesplès vient de déposer quatre plaintes auprès du parquet de Nanterre : pour exercice illégal de la profession d’expert comptable, pour abus de biens sociaux, pour abus de pouvoirs et de voix, et pour abus de confiance.
En attendant de voir dans quelles dispositions le procureur considèrera les faits, Aline Mesplès tente de reconstituer le passé de ce vieux bébé devenu millionnaire sans que la famille soit au courant. Et assure qu’elle ne veut pas en faire une affaire de "fédés". Pas sûre qu’elle soit comprise.
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