
Oh la vache, photo Mam’zelle Biscotte
"Je voudrais dire un mot de toutes ces questions d’environnement. Parce que là aussi, ça commence à bien faire" : il aurait voulu assassiner le Grenelle de son ami de trente ans Jean-Louis Borloo que Nicolas Sarkozy ne s’y serait pas pris autrement, samedi dernier, en plein salon de l’Agriculture. Bon, d’accord, quelques minutes après, le président assurait "croire en une agriculture durable". Il n’empêche, du côté du grand ami des transporteurs qu’est le réseau France Nature Environnement, ça fait plus que tiquer. Interviewée par Libération, l’une de ses responsables parlait même de "trahison"…
L’Elysée souhaite donc amender le Grenelle sous l’angle agricole. Est-ce pour autant qu’il le fera pour d’autres professions? Du côté du transport routier, mieux vaudrait ne pas trop y compter, d’autant que la période pré-régionales touche à sa fin et que les cadeaux, en matière politique, ça vient avant l’échéance. Pas après, sous forme de remerciements.
Il y a fort à parier que la taxe carbone soit mise en place, en l’état pour ce qui est des services, à la date prévue depuis décembre, c’est-à-dire au 1er juillet.
Il n’y a rien à attendre de révolutionnaire du côté du Chateau, pas plus qu’on ne peut tabler à l’avenir sur la solidarité entre marins pêcheurs, agriculteurs et routiers sur les questions de fiscalité environnementale : là où il y a encore 10 ans les intérêts et les moyens de pression - notamment les barrages routiers- étaient compatibles entre des professions réputées pour avoir la manif dans le sang, il y a peu de chance que le fantasme journalistique absolu (le blocage total du pays par des camions et des tracteurs, brrr…) devienne réalité. Ce n’est pas demain la veille qu’on verra un Euro 4 et une vache au coude-à-coude (si j’ose m’exprimer ainsi) sur un barrage.
Dommage, on aurait pu enfin savoir qui du camion ou du ruminant rejetait le plus de gaz à effet de serre.
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