
On trinque à la FNTR, photo Velo Steve.
C’est la fête à l’adhérent nouveau à la FNTR. Après l’emblématique Norbert, voici qu’en début de semaine le très discret transporteur de matières dangereuses EB Trans annonçait lui aussi son arrivée dans cette fédération, en attendant que la Samat fasse de même d’ici quelques jours. Tchin !
Tous ces nouveaux venu s sont des anciens TLF, voire des fondateurs de cette "maison d’à côté" créée entre autres pour concurrencer la FNTR sur le terrain du transport routier. Les temps sont durs pour TLF, c’est le moins que l’on puisse dire, d’autant qu’à chaque arrivée d’un nouvel adhérent de poids, la FNTR se fend d’un communiqué de presse dans lequel elle se rengorge discrètement, mais tout de même, d’autant de scalps pris sur la tête de l’ennemi. Officiellement, d’ailleurs, il n’est jamais question de la mise à terre de TLF puisque la au "renforcement de l’action professionnelle du transport routier" et à "la cohérence de sa représentation".
Cohérence? Si l’on suit la FNTR, il y aurait donc à l’avenir d’un côté les entrepreneurs pur sucre, les vrais de vrai, tous adhérents FNTR, et de l’autre les groupes plus ou moins publics constitués par les réseaux postiers et Geodis, regroupés au sein de TLF. Ce discours est relayé à mi-mots par le groupe Dentressangle, qui dit à qui veut l’entendre que TLF a perdu sa vocation de départ pour être aujourd’hui la boîte de résonnance de Geodis.
Cette nouvelle "cohérence" va avoir des conséquences sur le discours traditionnellement porté par la FNTR : elle ne pourra plus, à l’avenir, critiquer ces grands groupes qui font quasiment plus d’organisation de transport que de traction en tant que telle et qui se servent de l’affrètement comme d’une variable d’ajustement. Elle devra également se priver de vilipender le cabotage et les dégâts qu’il fait dans l’activité des groupes de transport régionaux français. Elle s’interdira enfin de rappeler son combat récent pour le détachement du salarié étranger quand il roule la majeure partie de son temps en France. Ce sont autant de dossiers qui auront du mal à plaire à ND, qui compte parmi les principaux commissionnaires français, ou à EB Trans, dont l’installation du siège social au Luxembourg doit répondre à d’autres intérêts que celui d’assurer un climat agréable à la santé de ses dirigeants.
Le champagne des bonnes nouvelles a un prix. Il s’accompagne parfois de renoncements qui, eux, peuvent contribuer à la migraine des lendemains de fête.
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